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Renault 12 : l’histoire d’une icône qui fascine encore les collectionneurs

Vous pensiez que cette berline n’était qu’une auto banale des années 70 ? Détrompez-vous. Son parcours est une épopée industrielle qui a changé la donne.

Lancée à une époque charnière, elle fut pensée pour conquérir le monde. Une vision audacieuse de Pierre Dreyfus. Produite de 1969 à 1980 en France, elle a ensuite roulé sur tous les continents pendant près de quatre décennies.

Comment un projet de rationalisation est-il devenu une légende ? La réponse tient dans ses chiffres et sa destinée. Plus de 4 millions d’exemplaires fabriqués. Une carrière internationale exceptionnelle, jusqu’en 2006 dans certains pays.

Cette voiture a détrôné tous les records en France. Elle représente un tournant stratégique majeur pour l’industrie automobile française. Sa longévité est un exploit rarissime.

Nous allons décrypter cette histoire fascinante. Pour comprendre pourquoi les passionnés et les collectionneurs lui vouent un culte. Une icône bien loin du cliché de la simple berline familiale.

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Points Clés à Retenir

  • La Renault 12 fut la voiture la plus vendue en France en 1973.
  • Sa production mondiale a dépassé les 4 millions d’unités.
  • Sa carrière internationale s’est étendue sur près de 40 ans, jusqu’en 2006.
  • Elle a été fabriquée sous divers noms (Dacia, Toros) dans de nombreux pays.
  • Ce modèle représente un projet visionnaire de Renault pour les marchés émergents.
  • Son design et sa fiabilité en ont fait une icône pour les collectionneurs.
  • Elle marque un tournant dans l’histoire de l’automobile française.

Genèse et conception de la Renault 12

Imaginez : en 1963, les ingénieurs planchent déjà sur une voiture destinée à conquérir les marchés émergents. C’est l’époque des Trente Glorieuses, et la Régie Renault a une ambition folle. Elle veut créer une automobile mondiale.

Les débuts d’une voiture mondiale

L’histoire commence bien avant le Salon de Paris d’octobre 1969. Pierre Dreyfus, patron de la marque, lâche une bombe dans L’Auto-Journal. Il annonce une auto « simple à construire et à entretenir, conçue pour tous les marchés ».

La vision est claire : cibler les pays en développement. Une stratégie osée pour l’époque.

La vision de la rationalisation automobile

La conception suit un chemin méticuleux. Le premier prototype sort en septembre 1965. Six « mulets » et quinze prototypes suivent pour peaufiner la future icône.

En janvier 1967, on élargit la caisse. Le but ? Offrir plus d’espace aux passagers. La conception privilégie la robustesse, pas la gadgeterie technique.

Saviez-vous que ce modèle a un frère jumeau brésilien ? Il est co-développé avec Willys Overland do Brasil. Ce projet donne naissance à la Ford Corcel, une auto à traction avant aux pièces interchangeables.

AnnéeÉvénement cléImpact sur le projet
1963Début des études de styleLancement officiel de la conception
Sept. 1965Premier prototype fonctionnelValidation de l’architecture technique
Janv. 1967Élargissement de la carrosserieAmélioration décisive de l’habitabilité
Oct. 1969Présentation publique au SalonAboutissement de six années de développement

Cette histoire de rationalisation est un pari industriel gagnant. La Régie invente la plateforme mondiale avant l’heure.

Design, architecture et caractéristiques techniques

Sous des airs de simplicité, cette automobile dissimulait une architecture technique audacieuse, conçue pour durer et voyager loin.

Carrosserie, dimensions et style tricorps

Cette berline affiche des proportions équilibrées : 4,30 m de long, 1,60 m de large. Son poids plume, autour de 900 kg, promettait agilité.

La ligne dite « flèche » avec son avant plongeant a été peaufinée en soufflerie. Le pli marqué du montant arrière n’est pas qu’un détail esthétique.

Il rigidifie la structure et guide l’air. À l’avant, la calandre en plastique noir fit sensation, une rupture avec le chrome omniprésent.

Moteur, transmission et suspension

Le cœur battant ? Un moteur Cléon-Fonte de 1,3 litre et quatre cylindres en ligne. Il délivrait 54 chevaux, suffisants pour l’époque.

Le pari technique fut la traction avant avec moteur longitudinal. Placé loin devant les roues motrices, il libérait l’habitacle.

Côté suspension, l’avant utilise des jambes de force. À l’arrière, un essieu rigide en tôle emboutie, simple et robuste.

Cette conception privilégiait la fabrication délocalisable. Un compromis assumé pour une base technique mondiale.

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Les différentes versions et évolutions sur le marché

Contrairement à une idée reçue, cette automobile n’a jamais été un modèle figé. Dès 1969, la gamme démarre avec deux versions : la L basique et la TL mieux équipée.

Les sièges avant séparés de la TL font déjà la différence. En octobre 1970, les breaks élargissent l’offre.

Des déclinaisons L, TL, TS et Gordini

Juillet 1972 voit l’arrivée de la TS. Elle affiche 60 ch et un style affirmé avec ses jantes spécifiques.

Son intérieur surprend avec des sièges « Intégral » et une console centrale. La présentation est soignée.

Puis vient la Gordini, une vraie bombe. Préparée par Amédée Gordini, elle développe 113 ch de puissance.

Elle reçoit une boîte cinq rapports et des freins à disques ventilés. Son look bleu à bandes blanches est iconique.

Les innovations et restylages majeurs des années 70

En 1974, la TR Automatic mise sur une boîte automatique à pilotage électronique. Une innovation pour l’époque.

Le grand restylage arrive à l’automne 1975. Nouvelle calandre, pare-chocs rehaussés et planche de bord redessinée.

Les freins assistés deviennent standard. La gamme s’adapte une fois de plus aux attentes.

VersionPériodeParticularités
L & TLDès 1969Bases de la gamme, confort amélioré pour la TL
BreakOctobre 1970Élargit l’usage utilitaire et familial
TSJuillet 197260 ch, style sportif, intérieur travaillé
Gordini1971-1975113 ch, boîte 5 rapports, version mythique
TR Automatic1974Boîte automatique 3 rapports, innovation technique

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La popularité en France et l’internationalisation

Le succès fut foudroyant. Dès 1973, elle écrasait la concurrence et devenait la voiture la plus vendue en France.

Cette consécration nationale sonnait le début d’une épopée industrielle bien plus vaste.

production et internationalisation Renault 12

Succès commercial et production de masse

L’année 1973 marque un tournant. La berline détrône la Simca 1100 et s’empare du titre.

Sa production totale dépasse les 4 millions d’exemplaires. Un chiffre pharaonique pour l’époque.

Fabriquée à Flins de 1969 à 1980, elle a roulé bien au-delà de ces années.

La diffusion dans divers pays et marchés émergents

La stratégie visionnaire de Pierre Dreyfus se concrétise. L’automobile est assemblée dans une quinzaine de pays.

Chaque territoire adapte le modèle à ses besoins. Une fois de plus, la robustesse de sa conception fait ses preuves.

PaysModèle localPériode de productionVolume estimé
FranceR121969-1980~2 millions
RoumanieDacia 1300/13101969-20061,96 million
TurquieRenault Toros1971-2000700 000
BrésilFord CorcelAnnées 70-80Significatif

En Roumanie, la Dacia 1300 devient une institution. Sa carrière s’étend sur 35 années.

Elle décline en berline, break, coupé et même pick-up en versions essence ou Diesel. Une longévité record.

Les deux derniers exemplaires quittent les chaînes à la fin 2004. Ils rejoignent désormais un musée.

Cette diffusion mondiale avant l’heure a prouvé le génie de la marque. Une véritable sorcellerie industrielle.

Renault 12 : une icône dans la culture automobile

La véritable légende d’un modèle se mesure aussi à son empreinte dans la culture populaire. Cette voiture a transcendé son statut utilitaire pour s’incruster dans notre imaginaire collectif.

Références cinématographiques et apparitions médiatiques

Le cinéma français l’a sacrée. Qui oublie la scène culte de L’Emmerdeur (1973) avec Lino Ventura ? Il monte à l’arrière d’une Gordini bleue, volant tendu à un inconnu.

Jean Dujardin, en OSS 117, pilote la même Gordini. Un clin d’œil parfait à l’époque des années 70. En 2018, Arte diffuse le documentaire Renault 12.

La description d’un voyage intime au Maroc en TS donne une autre dimension à son histoire.

L’impact sur les collectionneurs et passionnés

Cet engouement médiatique nourrit la passion. Le « Jour G » de 1970 fut un Woodstock automobile. Des milliers de fans découvraient la nouvelle Gordini.

Les exploits renforcent le mythe. En 1971, les frères Marreau relient Le Cap à Alger en R12 Gordini. Un record de 10 000 km en moins de 9 jours, toujours invaincu.

Ils roulaient sans s’arrêter, se relayant parfois à 170 km/h. Une folie pure qui fascine encore. Aujourd’hui, les collectionneurs se battent pour les Gordini et les TS.

Leur cote monte en flèche. Ces voitures des années 70 sont devenues des pièces de musée.

ÉvénementAnnéeDétail marquant
Film « L’Emmerdeur »1973Scène culte avec la R12 Gordini et Lino Ventura.
« Jour G » au Castellet1970Rassemblement massif pour le lancement de la Gordini.
Record Le Cap-Alger1971Exploit des frères Marreau au volant d’une Gordini.
Documentaire « Renault 12 »2018Description poétique d’un voyage en TS sur Arte.

Cette histoire culturelle unique explique pourquoi elle est bien plus qu’une simple automobile. C’est une icône.

Comparaisons et héritages : de la R12 à la Dacia 1300

La comparaison avec ses rivales révèle les choix audacieux et les compromis de la R12. En 1970, elle affronte un trio français redoutable.

Face à la Citroën GS, sophistiquée, la Peugeot 304, bourgeoise, et la Simca 1301, familiale, sa carte maîtresse est le prix. La version L coûte 10 518 francs, moins chère que la 304.

Influence sur les modèles contemporains

Son héritage est immense. Sa base technique donne naissance aux coupés Renault 15 et 17. La Renault 18 lui succède en 1978.

La stratégie mondiale initiée ici culmine avec les Renault 9 et 11. Plus de 6 millions d’exemplaires en 20 ans ! Ces modèles ont non seulement marqué l’histoire de la marque, mais ont également établi des standards en matière de fiabilité et de design. Dans la continuité de cette réussite, la gamme des Renault Trafic modèles d’occasion réputés a su séduire de nombreux professionnels à la recherche de véhicules robustes. La polyvalence et l’attrait de ces fourgons ont largement contribué à la popularité croissante de Renault sur le marché. De plus, pour ceux qui envisagent de rejoindre la gamme Renault, il est essentiel de suivre certains conseils pour acheter un Renault Captur, un modèle qui allie style moderne et praticité. En intégrant des technologies avancées et un confort inégalé, le Captur continue de séduire un large public. Choisir un véhicule de la marque, c’est également faire le choix de l’innovation et de la durabilité, tout en bénéficiant d’un rapport qualité-prix remarquable.

L’héritage le plus durable ? La Dacia 1300 roumaine. Produite 35 ans, elle est devenue une référence low-cost incontournable.

Comparaison technique et stylistique avec d’autres berlines

Techniquement, cette voiture surprend. Son moteur longitudinal contraste avec le transversal de la Fiat 128.

Bernard Carat, dans L’Auto-Journal, critique ce choix. Il impacte l’habitabilité. La suspension est jugée en recul.

Stylistiquement, sa ligne « flèche » intrigue. Le montant arrière au pli marqué rappelle la Saab 99.

L’angle brisé du coffre évoque la Peugeot 504. Ces voitures définissent l’époque.

Malgré les critiques, sa conception robuste a forgé sa légende. Elle a inspiré des générations de berlines populaires et même des exploits en rallyes historiques.

En guise d’adieu à une légende

Fin de partie pour la R12 en France, mais la partie continue à l’étranger. La production s’arrête à Flins en 1980, remplacée par la R18. Pourtant, cette voiture roule encore pour des décennies en Argentine, en Turquie et jusqu’en 2006 en Roumanie.

Son bilan technique résume une époque. Consommation mixte de 7,5 L/100 km d’essence. Des performances qui vont de 140 km/h pour les versions courantes à 185 km/h pour la folle Gordini. Une puissance pour tous les usages.

En onze années, la gamme s’est enrichie puis simplifiée. De la basique L à la sportive Gordini, en passant par les breaks. Son architecture, avec moteur longitudinal à l’avant et essieu rigide à l’arrière, était d’une robustesse légendaire.

Cette automobile sans prétention reste dans l’histoire comme la première berline française pensée pour le monde. Elle a motorisé des familles dans des dizaines de pays. Pour les collectionneurs, retrouver ces exemplaires, ou même des modèles réduits de collection, c’est saisir un morceau de cette ligne universelle. Une légende est née au volant de cette voiture.

FAQ

Pourquoi cette berline des années 70 fascine-t-elle encore autant les collectionneurs aujourd’hui ?

Parce qu’elle incarne un idéal d’équilibre et de robustesse devenu rare. Son style tricorps sobre, sa conception rationnelle et son histoire de voiture mondiale en font un témoin tangible d’une époque révolue. C’est une icône accessible, chargée d’émotion et de souvenirs, bien au-delà de ses simples caractéristiques techniques.

Quel était l’objectif principal derrière la conception de ce modèle ?

La Régie a visé une voiture universelle et rationalisée. L’idée ? Créer une berline moderne à traction avant, avec un coffre spacieux et un moteur fiable, capable de plaire sur des pays très différents. Une véritable sorcellerie industrielle pour l’époque, visant l’efficacité à grande échelle.

En quoi sa suspension arrière rigide était-elle un choix surprenant ?

À une époque où la traction avant s’imposait, opter pour un essieu arrière rigide semblait un retour en arrière. Pourtant, ce choix technique, couplé à une géométrie étudiée, offrait un compromis malin : stabilité, sièges arrière spacieux et coût de fabrication maîtrisé. Un pari audacieux qui a payé en termes de tenue de route.

Quelles étaient les principales différences entre les versions TL et TS ?

La TL était la version d’entrée de gamme, sobre et économique. La TS, elle, lâchait une bombe avec son moteur plus puissant (1 289 cm³), des freins à disque à l’avant et un intérieur mieux équipé. C’était la berline familiale qui avait du caractère, visant une clientèle plus exigeante.

Comment a-t-elle réussi à conquérir autant de pays et de marchés émergents ?

Sa recette était imparable : une ligne simple et intemporelle, une mécanique robuste adaptée aux routes difficiles, et une production sous licence dans de nombreux pays. Cette stratégie, incarnée par la Dacia 1300 en Roumanie, en a fait une automobile du peuple, bien au-delà des frontières françaises.

A-t-elle marqué la culture populaire au-delà du monde automobile?

Absolument ! Son look reconnaissable en a fait une figurante régulière du cinéma français et international des années 70 et 80. Elle représentait la voiture du quotidien, du médecin de campagne à l’agent secret discret. Cette omniprésence médiatique a solidifié son statut d’icône bien ancrée dans son époque.

Quel est le lien exact entre cette berline et la Dacia 1300?

La Dacia 1300 est sa sœur jumelle roumaine, produite sous licence. La côté technique est quasi-identique, mais la carrosserie de la Dacia a évolué de manière indépendante sur la durée. Comparer les deux, c’est voir comment un même modèle a vécu deux vies parallèles, témoignant de la diffusion globale de son conception.

Finalement, qu’est-ce qui a scellé son statut de légende à présentation?

Son génie réside dans son absence de prétention. Elle n’était pas la plus rapide ni la plus belle, mais elle a offert un package cohérent, fiable et spacieux à des millions de personnes. En quittant la scène, elle a laissé le souvenir d’une automobile honnête, qui faisait bien son travail sans frime. Un héritage simple, mais puissant.

Écrit par Fabienne

Fabienne rédige sur l'actualité automobile et moto, l'entretien des véhicules et les conseils pratiques pour les propriétaires, avec un intérêt pour les évolutions techniques du secteur.

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